C'est toujours une histoire de rencontre


C'est toujours une histoire de rencontre, une histoire de déclic, une histoire d’humain.


Aubrac, 40 habitants à l'année. Cet après-midi il faisait chaud, nous avions fini notre étape du jour assez tôt.

Les garçons (je veux dire par là, les trois garçons : 12 ans, 7 ans ... et 34 ans ) jouaient sur la place du village.

Ils avaient la ferme intention de vider la fontaine à grand renfort de bataille d'eau. Il y avait cette maison d'hôtes en vielles pierres, juste à côté. Et sûrement des bières. " Tiens, il y a écrit Épicerie", ça tombe bien, j'aime bien l'artisanat local.


"Ce n'est pas une envie d'entreprendre, on ne se lève pas un matin avec l'envie d'entreprendre", me dit-elle avec une évidence toute décidée, " Créer, c'est une nécessité. Une chose qui s'impose et qui ne laisse pas le choix".

 La légende raconte qu’un comte d’origine flamande.  nommé Adalard, lors de son pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle, fit vœu à Dieu que s’il sortait indemne des nombreux dangers que présentaient l’Aubrac au XII° siècle (brigands, mauvais temps et très peu de repères contre les attaques des loups ), il construirait un centre d’accueil pour pèlerins en ces hautes terres. Il tenu parole puisqu’en 1120 furent édifiés les premiers bâtiments du monastère-hôpital au service des pauvres (source : Aubrac Laguiole tourisme)

On disait à cette époque, qu'une fois passés les plateaux d'Aubrac, c'est comme si l'on était arrivé à Compostelle, tant la zone était périlleuse.
A part rien, il n'y avait (presque) rien. Si ce n'est un hôtel, un accueil pèlerin et une maison d'hôte. Guidée par ma curiosité que je ne cherche pas souvent à contrarier, je rentrai dans cette maison d'hôte et trouvai une femme allongée sur un sofa, toute de lin vêtue :

" Asseyez-vous deux minutes, prenez votre temps, il y en a, du temps, ici ". Je pris le temps qu'il y avait ici. Elle était avenante et drôle. Elle me parla de ses poupées qu'elle confectionnait enfant pour aider ses parents qui avaient connu un revers de fortune et qu'elle voulait aider à tout prix, de sa "folie" (sic) avec l'écosse, de ses châteaux qu'elle retapait, des escroqueries sentimentales subies.
Nous avons discuté un moment, de la vie, de ses hasards, des rencontres qui tombent on sait pas pourquoi, au bon moment, guidées par je ne sais quoi.

- "Vous devez en savoir quelque chose, vous n'êtes pas là par hasard ".

 Elle semblait avoir eu une vie incroyable. De ces femmes dont on se dit " mais quelle femme " et si incroyable, que je finis par lui demander :
- " Mais qui vous êtes ? Et puis comment vous les avez acheté ces châteaux ? " - " Ah ça, ben quand j'ai arrêté Tartine ! "

Je discutais depuis trois quart d'heure avec la fondatrice de Tartine et Chocolat, celle qui l'avait dirigé durant vingt ans.

 

De la vie, de ses rencontres, de ses hasards.

 


Ce qu'elle ne savait pas, ce que je ne lui avais pas dit, bien trop absorbée par l'envie de l'écouter, c'est que moi aussi, j’étais sur le point de lancer ma marque de prêt-à-porter pour enfants, ce projet amorcé il y a plusieurs années, et dont je n’ai jamais réussi à me défaire.


Je ne m’étais pas encore battue à ce moment-là. Mais battue, moi-même je veux dire. Finalement, c’est pas dans la vie qu’il faut se battre, ce n’est pas contre les éléments. C’est soi-même qu’il faut battre.

Dans ma tête, je disais : «  c’est exactement ça c’est un impératif. Je n'ai pas le choix, de ne pas le faire. » Mais ma bouche a dit : «  Oui, c’est certain, oui ».
Bon, on va clairement dire que j'ai pris cette rencontre comme un signe hein, inutile de tergiverser cent sept ans pour arriver à cette conclusion fracassante.

Je suis rentrée à Paris avec ma rencontre "à la Saint Jacques de Compostelle" dans la poche, bien décidée à ne pas en rester-là.

Cette fois-ci.

 #compostelle #viapodiensis


2 commentaires


  • duercenochush

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  • Marie-Caroline

    Très jolie cette rencontre dans l’Aubrac… j’aime beaucoup !


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